Puff CBD en France : ce que la loi de 2025 a vraiment changé

Puff CBD en France : ce que la loi de 2025 a vraiment changé

Le cannabidiol, plus connu sous l’acronyme CBD, s’est installé dans le paysage français en quelques années seulement. Avec lui, un format de consommation a particulièrement séduit les utilisateurs : le vaporisateur jetable. Depuis février 2025, pourtant, les règles ont changé, et le marché s’est réorganisé en conséquence.

Un produit simple, un fonctionnement immédiat

La puff est un vaporisateur en forme de stylo, livré avec une batterie intégrée et un e-liquide au CBD prérempli. Pas de réglage, pas de remplissage : l’utilisation est immédiate. Le CBD (cannabidiol) est une substance issue du chanvre, non psychoactive et légale en France sous réserve d’un taux de THC inférieur à 0,3 %. Il ne faut pas le confondre avec le THC, qui lui reste illégal et provoque des effets psychoactifs.

La voie d’inhalation est la plus rapide : les effets se font sentir en une à cinq minutes, contre un délai plus long pour les huiles ou les capsules. C’est précisément cette rapidité d’action qui explique une grande part de l’attrait pour ce format, notamment chez les 25-35 ans. Selon la MILDECA, organisme gouvernemental, près de 10 % des Français avaient consommé du CBD au moins une fois en 2022, avec une surreprésentation notable chez les 18-34 ans (27,6 % d’expérimentateurs).

Puffs jetables : interdites depuis février 2025

La loi n° 2025-175, promulguée le 24 février 2025, a mis fin à la commercialisation des cigarettes électroniques jetables en France, puffs CBD sans nicotine comprises. L’objectif affiché est double : protéger les jeunes contre le risque de dépendance, et réduire l’impact environnemental de ces produits à usage unique. Les sanctions prévues sont lourdes : jusqu’à 100 000 euros d’amende, portée à 200 000 euros en cas de récidive, que ce soit pour une vente ou une distribution gratuite.

Cette interdiction n’a pas fait disparaître les puffs du marché. Elle a simplement fait pivoter les acteurs vers des modèles rechargeables : batteries réutilisables associées à des cartouches remplaçables, une solution à la fois légale et moins coûteuse à long terme. Par ailleurs, la vente de tout produit de vapotage reste strictement interdite aux moins de 18 ans, même sans nicotine.

Sur le plan fiscal, le gouvernement avait envisagé une taxe sur les produits du vapotage dans le budget 2026. Le Sénat l’a refusée en décembre 2025, et l’exécutif y a finalement renoncé en janvier 2026. Une directive européenne prévoit toutefois d’harmoniser la taxation de ces produits à l’horizon 2028.

Un marché en croissance, mais des incertitudes scientifiques

Le marché français du CBD était évalué à 600 millions d’euros en 2023 selon le cabinet Xerfi, et plusieurs estimations sectorielles le situent au-delà de 700 millions en 2025, avec une croissance annuelle de l’ordre de 15 à 20 %. La France serait désormais le deuxième marché européen du CBD, derrière l’Allemagne.

Ces chiffres ne doivent pas faire oublier que les données scientifiques restent incomplètes. La MILDECA rappelle que sur 16 études portant sur l’efficacité du CBD contre la douleur, 15 n’ont trouvé aucune preuve d’efficacité supérieure à un placebo. L’inhalation de CBD vaporisé, en particulier, demeure une voie peu documentée à ce jour. La vigilance s’impose aussi sur la composition des produits : certaines puffs contiennent des cannabinoïdes de synthèse (HHC, par exemple) aux effets potentiellement psychoactifs. Un certificat d’analyse délivré par un laboratoire indépendant reste le meilleur repère avant tout achat.

Le marché continue d’évoluer vite, entre nouvelles réglementations, exigences de traçabilité croissantes et émergence de nouveaux cannabinoïdes. Rester informé est, dans ce secteur plus qu’ailleurs, une nécessité.

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